LES NEWS DE FAB #15

Trop fort de café!


Comme annoncé la veille de la conférence de presse de la course, vous savez tous désormais que Team Vent Debout a pris la décision de ne pas partir le 27 octobre prochain.


Depuis le mois de juillet et notre inscription à la transat Jacques Vabre, l’actualité de Team vent debout était très chargée: 

Il s’agissait d’aller chercher le nouveau bateau aux Antilles avec le propriétaire et le co skipper faire la prise en main jusqu’au Açores, effectuer la qualification pour la course jusqu’à St Malo et sortir rapidement le bateau de l’eau pour effectuer les travaux repérés durant la transat, réaliser la décoration du bateau aux couleurs de Team Vent Debout, tout en continuant à chercher le budget nécessaire.


Là, vous vous dites ils sont gonflés quand même.

Certes le timing était serré mais les conditions semblaient favorables et l’enchaînement réalisable pour relever ce défi incroyable et excitant: être au départ de la Transat Jacques Vabre en classe Multi 50 avec un équipage 100% handi. L’événement sans précédent dans l’histoire de la course au large tout simplement.


Retour sur ces dernières semaines:

Fin juillet nous arrivons aux Antilles avec Éric Flageul le coskipper.

Éric actuellement formateur à l’ENVSN est issu de la voile olympique, c’est un très bon régatier avec qui le courant est passé tout de suite. Son adaptation (il est né sans bras gauche) est impressionnante au quotidien et encore plus sur un bateau, en revanche pas d’expérience de large dans son parcours ni d’expérience en multicoques, mais ces deux aspects représentent pour lui une motivation supplémentaire, un rêve à réaliser.

Le bateau n’est pas encore prêt quand nous sommes sur place (une voie d’eau et pas d’informations vent sur l’électronique) mais qu’importe nous prêtons main forte à Gilles Lamiré le propriétaire pour appareiller au plus vite. 

La météo n’est pas la plus favorable pour traverser dans ce sens, c’est la période des ondes tropicales qui peuvent évoluer en cyclone (les Bahamas viennent d’en faire la triste expérience) et l’anticyclone des Açores sur le trajet est également bien présent.






Départ de Guadeloupe pour les Açores à bord du trimaran


Nous partons finalement le 2 août, 9 jours après notre arrivée avec toujours une voie d’eau et pas d’infos vent mais il nous en faut plus pour nous arrêter.

France 2 en la personne de Nicolas suit le départ et dois nous accompagner jusqu’au Brésil pour l’arrivée de cette course.

Cette première partie est plus longue que prévue, une fois quitté le régime des alizés, l’anticyclone des Açores qui a pris de l’ampleur nous barre bien la route, nous mettons 11 jours rallier Horta sur l’île de Faial aux Acores.

11 jours riches en enseignements, le bateau est plus facile que Tribulations, plus marin, plus ergonomique, mieux organisé c’est 20 ans d’évolution que je prends en pleine face.

Éric malgré sa faculté à s’adapter au trimaran décide de débarquer, il ne se sent pas prêt mentalement. Et là c’est quelque chose que je n’avais pas anticipé, nous fonctionnions très bien en binôme chacun avec ses contraintes personnelles, réussissant même des empannages en double sous gennaker jusqu’à 20 nœuds de vent.

Ces bateaux fabuleux n’en sont pas moins stressants et garder l’esprit serein quand on maintient des vitesses élevées n’est pas une chose facile quand le chavirage reste un risque latent du multicoque. Eric avait évoqué cette appréhension à plusieurs reprises durant le trajet, sa décision est très courageuse, mais prend tout le monde de court lui le premier, le projet aussi est alors en suspens. 




Escale de 36 heures aux Açores....


Nous devons repartir dans 36 heures maximum pour attraper la prochaine fenêtre météo et éviter que le retour vers Saint-Malo ne se transforme en chemin de croix avec des conditions de vents défavorables. 

C’est un coup de fil à Franck Yves Escoffier, 24 heures avant notre arrivée aux Açores, qui nous tire d’affaire. Il nous conseille Mathieu Leperche qui malgré ses 19 ans a déjà traversé l’Atlantique en Multi 50 et est lui-même en situation de handicap, que des qualités ce garçon !

Heureusement Mathieu est disponible au pied levé pour le retour sur Saint-Malo et une qualification potentielle de l’équipage pour la course.

Nous quittons Horta le 16 août au lever du jour juste à temps pour attraper le système météo et nous retrouver quatre jours plus tard à l’entrée de la Manche! Nous perdons 24 heures ensuite dans des petits airs pour atteindre Le cap Fréhel le 21 aout au soir, il nous faut patienter toute la nuit pour attendre la première écluse du matin. Heureusement un contrôle nocturne des douanes nous fait passer le temps...

Nous retrouvons France 2 à Saint Malo qui est là pour nous accueillir, le duo avec Mathieu est également un succès qui pourrait faire office de qualification, mais Mathieu débute une école en alternance à la rentrée et débuter par une absence prolongée même pour cause de Transat Jacques Vabre semble difficilement négociable. 




Le projet est à nouveau en suspens faute d’équipier.

C’est en consultant les réseaux sociaux que je tombe sur l’actualité du projet Mini Transat de mon ami Blaise Bernos qui a orienté son projet sur sa maladie psychique diagnostiquée tardivement. Nous nous connaissons du circuit classique en Méditerranée et nous nous apprécions mutuellement, c’est peut être le candidat idéal d’autant qu’à nous deux nous réunissons le handicap visible et invisible!


Nous sommes sur le point d’annoncer notre duo sur la course mais de nouvelles conditions de garanties imprévues dans le contrat location mais requises par le propriétaire du bateau nous mettent dans l’impossibilité de réunir un budget revu à la hausse à une échéance si proche du départ. 

Nous décidons dès lors de nous retirer des inscrits.















Quel bilan retirer de tout cela?

Du positif, c’est notre posture et notre force!


Trouver des profils de marins au large en situation de handicap n’est pas chose aisée, même si Damien Seguin a ouvert la voie en course au large, il n’y a pas de handicap représenté alors que cette discipline est peut-être la seule véritablement inclusive et un enjeu pour les prochains JO de Paris 2024 où la course au large est une des nouvelles épreuves.


Team Vent Debout a une vraie carte à jouer sur cette thématique, sur la possibilité pour des marins en situation de handicap d’accéder à cette discipline.

Le vif intérêt des médias, France 2 nous accompagne depuis quelques mois et même si le projet de nous suivre jusqu’à l’arrivée au Brésil n’est plus d’actualité son soutien est renouvelé pour la suite de nos actions au travers de l’émission « 13h15 » de Laurent Delahousse.

L’appui des institutionnels du handicap, APF France Handicap, l’UNEA, et le secrétariat en charge du handicap en la personne de Madame la Ministre Sophie Cluzel qui devait nous retrouver au départ du Havre pour baptiser le bateau en tant que marraine et qui maintient son soutient pour la suite du projet. 


Un déjeuner est prévu prochainement avec son cabinet pour mettre en place des actions communes autour de la dynamique gouvernementale « Cap vers l’Entreprise Inclusive ».

La découverte d’un nouveau support de navigation avec une possibilité de programme de navigation plus étendu, un trimaran plus marin, moins exposé que notre vieux Tribulations et mieux adapté à des marins et des publics en situation de handicap.


Prochaines étapes:

Trouver dès cet hiver le budget pour acheter le trimaran et maîtriser le programme et les actions de Team Vent Debout la saison prochaine.

Poursuivre la sensibilisation dans les écoles et les entreprises et développer des actions à travers la nouvelle entité de l’association Team Vent Debout.

Une rencontre avec l’école du Grand Celland dans la Manche est déjà prévue à l’automne.

Proposer un programme de navigation en course en solo ou équipage handi sur la saison prochaine, il y a de nombreux rendez-vous, les grands prix de la classe Multi 50, les régates inshore, les grands événements tels que The Transat ou la Québec-Saint Malo.


L’aventure de Team Vent Debout continue face au handicap!


A très bientôt.